
Oui, remplacer sa chaudière gaz par une pompe à chaleur devient un calcul gagnant pour beaucoup de maisons, à condition de vérifier d’abord l’isolation et les radiateurs, puis de passer par les bonnes aides. Pour les ménages modestes, une offre clé en main lancée en octobre plafonne même la mensualité au niveau de la facture de chauffage actuelle.
Le sujet revient sur la table avec les premiers froids. Dans sa liste de ce qui change en novembre 2026, Service-Public rappelle que le prix repère de vente du gaz augmente de 6,6 % au 1er novembre. Si vous chauffez votre maison au gaz avec une offre indexée, votre facture monte encore. Faut-il attendre la prochaine panne de la chaudière, ou préparer le changement dès cet hiver ?
Ce que la hausse du 1er novembre change pour un foyer chauffé au gaz
La hausse du gaz au 1er novembre touche les contrats indexés sur le prix repère, pas les offres à prix fixe. Selon la Commission de régulation de l’énergie, ce prix passe de 182,88 € à 194,90 € TTC le mégawattheure, soit environ 12 € TTC de plus en moyenne sur la facture de novembre. Service-Public ajoute que, si la situation reste stable, la facture annuelle 2026 pourrait être environ 11 % plus élevée qu’en 2025, soit près de 135 € TTC de plus.
Douze euros, ce n’est pas un drame. Le vrai sujet est ailleurs : une chaudière gaz vous laisse exposé à un prix qui bouge chaque mois, et l’État a cessé de financer les rénovations qui la conservent. Depuis le 1er septembre 2026, l’aide MaPrimeRénov’ du parcours accompagné n’est plus attribuée si un chauffage au gaz est gardé après les travaux. Le signal est clair : l’argent public va désormais vers l’électrification du chauffage.
Pompe à chaleur ou chaudière gaz : le comparatif qui compte
Une pompe à chaleur air/eau produit en moyenne près de trois fois plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité. L’étude de l’Ademe sur 100 pompes à chaleur suivies en conditions réelles, citée par le ministère de la Transition écologique dans son dossier de presse du 30 septembre 2026, mesure un rendement saisonnier moyen d’environ 2,9 pour les modèles air/eau. Concrètement, 1 kWh d’électricité restitue environ 2,9 kWh de chaleur dans les radiateurs.
| Critère | Chaudière gaz | Pompe à chaleur air/eau |
|---|---|---|
| Énergie utilisée | Gaz, prix repère revu chaque mois | Électricité, tarif réglementé ou offre fixe |
| Rendement | 1 kWh de gaz donne au mieux 1 kWh de chaleur | 1 kWh d’électricité donne environ 2,9 kWh de chaleur (Ademe) |
| MaPrimeRénov’ par geste | Pas d’aide pour une chaudière gaz | 3 000 à 5 000 € selon les revenus |
| Rénovation d’ampleur aidée | Exclue si le gaz est conservé | Compatible |
| Réutilise les radiateurs à eau | Oui | Oui, si leur taille suffit à basse température |
| Rafraîchissement l’été | Non | Possible avec un modèle réversible |
Ce tableau ne dit pas tout. Une pompe à chaleur coûte nettement plus cher à l’achat qu’une chaudière, et son rendement chute si la maison perd beaucoup de chaleur ou si les radiateurs sont trop petits. Pour bien choisir entre air/eau, air/air et géothermie, notre guide sur le type de pompe à chaleur adapté à sa maison détaille les cas de figure.
Quelles aides pour remplacer sa chaudière gaz en 2026 ?
Deux voies principales existent en 2026 pour financer une pompe à chaleur à la place d’une chaudière gaz, et elles ne se cumulent pas. La première est MaPrimeRénov’ par geste, ouverte aux revenus très modestes, modestes et intermédiaires. Les montants ci-dessous viennent de la fiche officielle de Service-Public, vérifiée le 1er septembre 2026, pour la métropole.
| Revenus du foyer | PAC air/eau | PAC géothermique |
|---|---|---|
| Très modestes | 5 000 € | 11 000 € |
| Modestes | 4 000 € | 9 000 € |
| Intermédiaires | 3 000 € | 6 000 € |
| Supérieurs | Pas d’aide | Pas d’aide |
| Dépense prise en compte | 12 000 € maximum | 18 000 € maximum |
La seconde voie est l’offre intégrée, souvent appelée leasing social de la pompe à chaleur. Ouverte depuis le 1er octobre 2026, elle vise les propriétaires d’une maison individuelle chauffée au gaz ou au fioul, aux revenus modestes ou très modestes au sens de l’Anah. Pour un foyer de trois personnes hors Île-de-France, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 39 148 €.
Le principe est simple : une seule mensualité couvre la pompe à chaleur air/eau, l’entretien pendant au moins trois ans et le remboursement du reste à charge, en général sur trois ans et jamais plus de cinq. Cette mensualité ne doit pas dépasser vos dépenses d’énergie actuelles. Le gouvernement estime l’aide moyenne à 9 800 € par ménage, et les six consortiums retenus se sont engagés à installer 55 000 pompes à chaleur. Le détail figure dans la présentation de l’offre intégrée sur Service-Public, avec le lien vers la liste des lauréats.
Les 6 étapes pour passer à la pompe à chaleur sans se tromper
Un remplacement réussi se joue avant la pose, dans le diagnostic et l’ordre des démarches. Voici le parcours à suivre, dans cet ordre.
- Prendre rendez-vous avec France Rénov’. Le conseil est gratuit (0 808 800 700) et permet de savoir dès le départ si vous relevez de MaPrimeRénov’ ou de l’offre intégrée.
- Faire le point sur l’isolation et les radiateurs. Une maison qui fuit par la toiture ou des radiateurs trop petits obligent la pompe à chaleur à chauffer l’eau plus fort, et son rendement baisse.
- Exiger une étude de dimensionnement. Une machine trop puissante coûte plus cher et s’use vite, une machine trop faible laisse froid en janvier. L’offre intégrée prévoit d’ailleurs une étude préalable du logement.
- Comparer des devis d’entreprises RGE. Pour MaPrimeRénov’, la visite préalable du chantier est obligatoire et sa date doit figurer sur le devis comme sur la facture.
- Déposer la demande d’aide avant de signer les travaux. Les travaux ne doivent commencer qu’après l’accusé de réception de l’Anah, sinon l’aide est perdue.
- Soigner la mise en service. Réglage de la loi d’eau, programmation de l’eau chaude, pilotage selon les heures creuses : ces réglages font la différence sur la facture.

Et l’ancienne chaudière ? Tant qu’elle fonctionne, elle doit rester entretenue chaque année. Notre article sur l’entretien annuel de la chaudière rappelle ce que le professionnel doit vérifier, utile si vous préparez la bascule sur un ou deux hivers.
Heures creuses : ce que la réforme change pour une pompe à chaleur
En hiver, les heures creuses se placent désormais surtout la nuit, ce qui convient bien au chauffage de l’eau chaude. D’après Service-Public, la réforme déployée de novembre 2025 à fin 2027 supprime progressivement les plages du matin (7 h à 11 h) et du soir (17 h à 23 h). Les nouvelles heures creuses comptent au moins 5 heures consécutives entre 23 h et 7 h, plus jusqu’à 3 heures en journée entre 11 h et 17 h. Du 1er avril au 31 octobre, la part de journée augmente pour profiter du solaire.
Pour une pompe à chaleur, deux conséquences. Le chauffage lui-même tourne quand il fait froid, on ne le décale pas de plusieurs heures sans perdre en confort. En revanche, le ballon d’eau chaude se programme facilement la nuit, et une maison bien isolée garde sa chaleur assez longtemps pour lisser une partie de la consommation. C’est pour cette raison que l’offre intégrée inclut une solution de pilotage.
Dans quels cas vaut-il mieux attendre un peu ?
Garder sa chaudière un hiver de plus peut être raisonnable si la maison est une passoire thermique. Dans ce cas, poser une pompe à chaleur avant d’isoler revient à acheter une machine surdimensionnée qu’il faudra peut-être changer après les travaux. La rénovation d’ampleur, accompagnée, permet de traiter l’isolation et le chauffage dans le même projet, à condition de renoncer au gaz.
Autre cas : vous avez souscrit une offre de gaz à prix fixe récemment. La hausse de novembre ne vous touche pas, et vous avez le temps de comparer sereinement. Enfin, si vous hésitez encore entre plusieurs systèmes, notre panorama des systèmes de chauffage économes aide à situer la pompe à chaleur face au bois ou au solaire.
À retenir
- Le prix repère du gaz augmente de 6,6 % au 1er novembre 2026 pour les offres indexées.
- MaPrimeRénov’ finance une pompe à chaleur air/eau de 3 000 à 5 000 € selon les revenus, mais plus aucune rénovation d’ampleur qui garde le gaz.
- Les ménages modestes propriétaires d’une maison peuvent passer par l’offre intégrée, avec une mensualité plafonnée à leur dépense d’énergie actuelle.
- Isolation, radiateurs et dimensionnement décident du rendement réel : ils se vérifient avant le devis.
Questions fréquentes
Oui, une pompe à chaleur air/eau se raccorde au circuit d’eau existant et réutilise souvent les radiateurs. Il faut toutefois vérifier qu’ils sont assez grands pour chauffer avec une eau moins chaude qu’avec une chaudière. Dans une maison mal isolée, quelques radiateurs plus grands ou une meilleure isolation peuvent être nécessaires pour garder un bon rendement.
En métropole, MaPrimeRénov’ par geste verse 5 000 € aux ménages très modestes, 4 000 € aux ménages modestes et 3 000 € aux revenus intermédiaires pour une pompe à chaleur air/eau, sur une dépense plafonnée à 12 000 €. Les revenus supérieurs n’y ont pas droit. Les travaux doivent être confiés à une entreprise RGE après une visite préalable.
L’offre intégrée lancée le 1er octobre 2026 s’adresse aux propriétaires d’une maison individuelle chauffée au gaz ou au fioul, aux revenus modestes ou très modestes selon les plafonds de l’Anah. Elle n’est pas cumulable avec MaPrimeRénov’ et la mensualité, qui couvre l’appareil, l’entretien et le reste à charge, ne doit pas dépasser la dépense d’énergie actuelle.
Non. La hausse de 6,6 % du prix repère au 1er novembre 2026 concerne les offres indexées sur ce prix. Les contrats à prix fixe ne bougent pas jusqu’à leur échéance. Pour un client indexé, la Commission de régulation de l’énergie estime le surcoût à environ 12 € TTC en moyenne sur la facture de novembre.
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent préférable dans une maison très énergivore. Isoler d’abord réduit les besoins de chauffage, permet de choisir une pompe à chaleur moins puissante donc moins chère, et améliore son rendement. Un conseiller France Rénov’ peut aider à décider de l’ordre des travaux et des aides mobilisables.