
Un artisan du bâtiment peut confier à un outil comme Make tout ce qui consiste à recopier une information d’un endroit à un autre : enregistrer une demande de devis, relancer un devis resté sans réponse, ranger une facture fournisseur. Le chiffrage, la visite technique et la relation client restent humains.
Le soir, après le chantier, beaucoup d’entreprises de deux à vingt salariés passent encore une heure ou deux à retaper des demandes reçues par e-mail, à chercher le devis envoyé il y a trois semaines et à classer les factures de matériaux. Ce travail invisible ne rapporte rien, et c’est lui qui fait perdre des chantiers : le devis part trop tard, ou la relance n’est jamais faite. La réforme de la facturation électronique, effective depuis le 1er septembre 2026 selon l’administration fiscale, ajoute une raison de remettre de l’ordre dans ces flux : toutes les entreprises doivent désormais pouvoir recevoir des factures électroniques, et les PME devront les émettre à leur tour à partir du 1er septembre 2027.
Make, c’est quoi pour une entreprise du bâtiment ?
Make est un service en ligne qui relie entre eux les logiciels que l’entreprise utilise déjà : messagerie, agenda, tableur, logiciel de devis, stockage de fichiers. On y dessine des « scénarios » sous forme de schéma : quand tel événement se produit, faire telle suite d’actions. Il n’y a pas de code à écrire, et un scénario se relit comme un organigramme.
C’est là sa force pour une petite structure : la personne qui gère l’administratif peut comprendre ce qui tourne, et le modifier quand un fournisseur change de format de facture. L’outil est facturé à l’usage, en fonction du nombre d’opérations exécutées, ce qui le rend adapté aux volumes modestes d’une entreprise artisanale.
Les 5 tâches à automatiser en priorité
Les meilleures candidates sont les tâches répétitives, déclenchées par un événement précis et dont le résultat se vérifie facilement. Les voici, de la plus rentable à la plus avancée :
- L’enregistrement des demandes de devis : chaque demande reçue par le site ou par e-mail crée une ligne dans le suivi commercial, avec le nom, le téléphone, la commune et la nature des travaux.
- L’accusé de réception : le client reçoit dans la minute un message qui confirme la prise en compte et annonce le délai de rappel.
- La relance des devis en attente : un devis sans réponse après dix jours déclenche une relance polie, puis une alerte au gérant si rien ne bouge.
- Le classement des factures fournisseurs : la pièce jointe est renommée, rangée dans le dossier du mois et ajoutée au tableau de suivi transmis au comptable.
- La préparation du rendez-vous : la visite technique validée s’ajoute à l’agenda de l’équipe, avec l’adresse et les notes du premier appel.
Chacune de ces tâches prend quelques minutes, mais elles se répètent des dizaines de fois par mois. Les automatiser ne supprime pas le travail administratif : cela supprime la ressaisie, qui est la source de la plupart des oublis.
Ce que fait le scénario, ce qui reste humain
Un bon scénario laisse toujours une étape aux mains d’une personne : celle où il faut juger. Le tableau ci-dessous montre où placer cette frontière sur les flux les plus courants d’une entreprise du bâtiment.
| Flux | Déclencheur | Ce que fait le scénario | Ce qui reste humain |
|---|---|---|---|
| Demande de devis | Formulaire du site ou e-mail | Crée la fiche, envoie l’accusé de réception, prévient le gérant | Qualifier le besoin et décider de la visite |
| Devis envoyé | Devis marqué « envoyé » dans le suivi | Programme la relance, puis l’alerte en l’absence de réponse | Le coup de fil qui fait signer |
| Facture fournisseur | E-mail avec pièce jointe | Renomme, classe, ajoute au tableau du comptable | Contrôler les montants et les écarts de prix |
| Fin de chantier | Chantier marqué « terminé » | Envoie la demande d’avis et archive les photos | La réception des travaux avec le client |
Cette logique rejoint celle qui gagne le chantier lui-même : la donnée doit être saisie une seule fois, puis circuler. C’est le même principe que celui du DOE numérique, dont les données survivent au chantier, appliqué cette fois au bureau.
Facturation électronique : un bon moment pour remettre les flux à plat
La réforme oblige chaque entreprise à recevoir ses factures fournisseurs au format électronique, par l’intermédiaire d’une plateforme agréée par l’administration. Pour un artisan, c’est l’occasion de décider où ces factures arrivent, qui les vérifie et comment elles rejoignent la comptabilité, avant l’obligation d’émission de septembre 2027.
Un outil d’automatisation ne remplace pas la plateforme agréée : c’est elle qui transmet les factures et les données à l’administration. En revanche, il peut faire le lien entre cette plateforme, le tableau de suivi des chantiers et le dossier du comptable. Les mentions obligatoires d’une facture ne changent pas, mais le circuit, lui, devient numérique de bout en bout.
Par où commencer sans y passer ses soirées ?
Le plus sûr est de commencer par un seul flux, celui qui fait perdre le plus d’argent quand il est oublié : dans la plupart des entreprises, c’est la relance des devis. On le fait tourner un mois, on vérifie qu’aucune demande ne passe à travers, puis on ajoute le suivant.
- Lister les ressaisies : pendant une semaine, noter chaque fois qu’une information est recopiée d’un outil à un autre.
- Garder les outils existants : le scénario s’adapte au logiciel de devis et à la messagerie de l’entreprise, pas l’inverse.
- Prévoir les erreurs : un scénario qui échoue doit envoyer une alerte, sinon une demande de client peut se perdre en silence.
- Documenter : une page qui explique ce que fait chaque scénario, pour que quelqu’un d’autre puisse le reprendre.
Les entreprises qui n’ont ni le temps ni l’envie de construire elles-mêmes leurs scénarios peuvent passer par une agence Make, qui conçoit les premiers flux à partir de la façon de travailler de l’équipe et forme la personne qui les reprendra en interne. Le compte et les scénarios restent alors au nom de l’entreprise.
Reste une limite à garder en tête : l’automatisation fonctionne sur des informations propres et structurées. Elle bute sur les mêmes obstacles que d’autres outils numériques du secteur, comme le montre l’exemple du métré par IA, qui se heurte encore à des plans de chantier hétérogènes.
À retenir
- Make relie les outils déjà en place pour supprimer la ressaisie, sans écrire de code.
- Les premières tâches à automatiser : demandes de devis, accusés de réception, relances, factures fournisseurs.
- Le chiffrage, la visite et la signature restent humains.
- La facturation électronique, en réception depuis septembre 2026, est un bon déclencheur pour remettre les flux à plat.
Questions fréquentes
Oui, tant que les besoins restent simples et les volumes modestes. Make se manie sans code, chaque scénario se lit comme un schéma, et la facturation à l’usage convient aux entreprises de quelques salariés. Pour des flux très volumineux ou critiques, des outils comme n8n, que l’on peut héberger soi-même, sont souvent préférés.
Les tâches de ressaisie déclenchées par un événement précis : l’enregistrement des demandes de devis, l’accusé de réception envoyé au client, la relance des devis restés sans réponse et le classement des factures fournisseurs. Ce sont les plus fréquentes, les plus simples à vérifier et celles dont l’oubli coûte le plus cher.
En général, non. Make se connecte à de nombreux logiciels courants, à la messagerie, aux tableurs et aux services de stockage. Quand un logiciel de devis ne propose pas de connexion directe, on peut souvent passer par l’e-mail qu’il envoie ou par un export de fichier. Il vaut mieux vérifier ce point avant de se lancer.
Non. Depuis la réforme, les factures électroniques transitent par une plateforme agréée par l’administration, qui transmet aussi les données au fisc. Make peut seulement relier cette plateforme aux autres outils de l’entreprise, par exemple pour classer les factures reçues ou alimenter le tableau de suivi du comptable.
Un scénario bien construit prévoit une gestion des erreurs : en cas d’échec, il s’arrête et envoie une alerte à une personne désignée, qui traite la demande à la main. Sans cette précaution, une demande de devis peut se perdre sans que personne ne s’en aperçoive. C’est le premier point à vérifier sur un scénario existant.